Piétons à Paris : une « démarche » à haut risque

Les décideurs marchent sur la tête du coup, ils en oublient les piétons qui eux ne peuvent même plus mettre un pied devant l’autre.

En tant qu’ergonome, j’ai pensé que quelques éclairages sur tous ces aménagements « pour le bien être des Parisiennes et des Parisiens » pourraient être utiles

En me rendant au Grand Palais un de ces multiples jours de blocage « gilets jaunes » du quartier de l’étoile et des Champs Elysées, je me suis interrogé sur la place accordée aux piétons dans Paris…Priorité au vélo si j’en juge par tous les travaux incessants le concernant. Les forces de Police bloquant la plupart des accès (y compris ceux des parcs et jardins attenants) les quelques dizaines de mètres me séparant de l’entrée du Grand Palais se sont transformés en plusieurs centaines…. Chance pour moi, je suis valide mais que dire des personnes à mobilité réduite…Soit, sécurité oblige mais hors de ces périodes troublées, je suis convaincu qu’aucune logique d’action n’est mise en place en matière de sécurité et de confort des piétons (je ne parlerai pas des trottinettes qui nouvellement « mises sur le trottoir » sont plus accidentogènes que tout le reste).

J’en veux pour preuve ce qui se passe dans Paris depuis trop d’années déjà : décider unilatéralement, de réaménager des carrefours, instaurer des voies centrales de bus ou à contre sens de la circulation habituelle, des « chemins » pour vélo dans des rues à sens unique (même sur les trottoirs à Boulogne maintenant) sans avoir préalablement mis en place des solutions alternatives, bref tout pour augmenter les risques pour les piétons. Ce n’est pas acceptable et totalement irrationnel.

Navré mais on a encore le droit de choisir de marcher non ? pourquoi le vélo serait-il prioritaire ? demandez donc aux personnes vieillissantes ce qu’elles préfèrent….

En tant que soignant (kiné et ostéopathe), cela fait plusieurs décennies que j’ai alerté à la fois sur l’accidentologie des piétons due à ces décisions ainsi que sur les méfaits de la pollution en agglomération : recrudescence de maladies respiratoires, etc. Pourtant le rouleau compresseur ne cesse d’avancer, au sens propre comme au figuré.

Depuis trop longtemps, les actions engagées consistent, semble-t-il, à installer des dispositifs techniques inadaptés à nos réflexes citadins. Je ne peux pas croire que des spécialistes en comportement humain (ergonomes notamment) puissent cautionner ces actions, mais ont-ils été seulement consultés ?

En ergonomie, avant qu’une solution soit appliquée, on doit s’assurer qu’elle est utilisable efficacement et facilement …Ajoutez à cela, satisfaction de l’usager et facilité d’apprentissage et c’est là où le bât blesse : tout comme on ne peut interpréter un concerto pour piano de Rachmaninoff au premier essai, on ne peut pas s’approprier de nouvelles règles de fonctionnement automatique dès leur mise en place.

Aussi, ce n’est pas en inondant sols, trottoirs, murs de multiples signaux d’alerte que les comportements changeront :

Ce ne sont pas les marquages au sol qui fleurissent dorénavant pour suivre un chemin, ou en éviter un autre, qui vous feront baisser le regard, et obtempérer,

Ce n’est pas non plus parce qu’un panneau vous suggère de « regarder à droite avant de traverser » que vous le ferez. Les voitures arrivant en principe de gauche, vous tournerez la tête à gauche 😉

Que dire aussi des multiples travaux qui transforment la ville de de Paris en un immense chantier ?

Les successions de barrières grises et vertes transformant les trottoirs en véritables parcours du combattant pour ne pas dire en champs de mines, sont-elles pensées ?

Combien d’entre nous suivons les passages piétons imposés et combien choisissent de « traverser hors des clous ? » (Essayez de traverser la Place Denfert Rochereau côté Catacombes et avenue du Général Leclerc en ce moment…)

A bon entendeur…

Un ergonome pessimiste

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© 2015 par Christophe Bourhis. Créé avec Wix.com

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